Éleveurs de ruminants : un maillon clé pour la santé humaine et l’environnement

Éleveurs de ruminants : un maillon clé pour la santé humaine et l’environnement

Prendre soin de la santé animale dans les élevages de ruminants va bien au-delà du simple rôle des producteurs : c’est un enjeu majeur pour toute la société. Alors que les paysans manifestent en France actuellement, cet engagement a un impact direct sur la santé humaine, la gestion des maladies, la lutte contre l’antibiorésistance et la vitalité de l’économie locale et nationale.

Au quotidien, les éleveurs, grâce à leur vigilance et à leurs pratiques, contribuent à la sécurité sanitaire, à la préservation de nos écosystèmes et à la production alimentaire. 

Des gestes quotidiens au service de la biosécurité et de la prévention

Le quotidien d’un éleveur de ruminants est ponctué de nombreux gestes précis pour protéger les animaux, préserver la santé publique et l’environnement. Cela implique d’anticiper les risques et d’intervenir à chaque étape de la gestion du troupeau afin d’empêcher l’introduction ou la propagation de virus, bactéries ou parasites dans l’élevage, tout comme on veille, nous aussi, à prendre soin de nos animaux de compagnie.

  • Mesures de biosécurité renforcées : chaque bâtiment d’élevage est régulièrement désinfecté, des zones distinctes sont créées pour séparer animaux, équipements et intervenants externes, limitant ainsi les contacts à risques.
  • Surveillance renforcée des passages : les visiteurs (vétérinaires, techniciens, fournisseurs) doivent se laver les mains, désinfecter les bottes et, parfois, porter des vêtements spécifiques dédiés à l’élevage.
  • Gestion des introductions d’animaux : tout nouvel animal est observé, parfois isolé avant d’intégrer le troupeau, pour s’assurer de son état de santé.
  • Isolement et gestion ciblée des animaux malades : lorsqu’un symptôme est détecté, l’animal est isolé et suivi attentivement. L’éleveur alerte si besoin le vétérinaire référent.
  • Hygiène maximale lors des périodes sensibles : lors des mises bas, des outils désinfectés et des équipements propres sont utilisés pour limiter les infections néonatales.
  • Évacuation sécurisée des cadavres d’animaux afin d’éviter toute source de contamination pour le reste du troupeau ou l’environnement.

L’objectif : créer une véritable barrière sanitaire, préserver la productivité et garantir la durabilité de l’élevage.

Diminution des antibiotiques et lutte contre l’antibiorésistance : des résultats mesurés

Moins de maladies animales signifie aussi moins de traitements nécessaires. La prévention et la biosécurité se sont révélées être des leviers très efficaces pour limiter l’utilisation des antibiotiques, un enjeu sanitaire et sociétal majeur. 

Indicateurs Avant 2011 Après 3 plans Écoantibio Évolution
Exposition des animaux aux antibiotiques Niveau de référence 2011 – 52 % Baisse significative
Utilisation d’antibiotiques vétérinaires critiques pour la santé humaine Niveau élevé 2011 – 90 % Chute remarquable

La réduction généralisée de l’usage des antibiotiques a des effets positifs immédiats : elle limite l’antibiorésistance, protège l’efficacité des traitements chez l’humain et garantit des produits animaux plus sains. Grâce aux plans « Écoantibio », la France est devenue un leader dans ce domaine, prouvant qu’une organisation collective permet une utilisation raisonnée des antibiotiques.

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Un suivi sanitaire régulier et une gestion collective des crises

Assurer la santé des troupeaux ne s’improvise pas : elle repose sur un suivi vétérinaire régulier et une forte réactivité en cas d’incident. La filière s’organise collectivement pour surveiller et agir de façon concertée :

  • Visites sanitaires annuelles : les élevages bénéficient d’au moins une ou deux visites par an, menées par un professionnel de la santé animale, pour contrôler la situation sanitaire, ajuster les protocoles et actualiser les conseils de prévention.
  • Cheptels certifiés indemnes de maladies spécifiques : la démarche volontaire de certification permet d’obtenir une reconnaissance de la qualité sanitaire, notamment pour certaines maladies chroniques ou contagieuses.
  • Une gestion concertée des crises sanitaires, comme lors d’une épizootie, repose sur une coordination rapide entre éleveurs, vétérinaires, organisations professionnelles et pouvoirs publics, afin de maximiser l’efficacité des mesures d’urgence et de limiter l’impact sur l’élevage et la société. 

Cette organisation collective renforce la résilience des systèmes agricoles et garantit une sécurité alimentaire sans faille jusqu’au consommateur.

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One Health : une vision globale de la santé

Le concept « One Health » (Une seule santé) incarne parfaitement la réalité du terrain : la santé animale, humaine et environnementale forment un tout indissociable. Les décisions prises dans les fermes résonnent à l’échelle de l’environnement et du bien-être collectif.

  • Réduction de la pollution médicamenteuse : limiter les traitements, c’est éviter de retrouver des résidus dans l’eau, le sol et la chaîne alimentaire.
  • Protection de la biodiversité grâce à des pratiques de pâturage adaptées, favorisant la diversité floristique et faunistique des prairies.
  • Préservation des écosystèmes : la mosaïque de milieux créés par le pâturage extensif a des bénéfices sur la faune sauvage, les insectes pollinisateurs et la qualité des paysages.

Des bénéfices pour l’économie et la société tout entière

Au-delà de la production de lait ou de viande, l’élevage de ruminants a aussi un impact positif dans d’autres domaines.

  • Dynamique de l’économie circulaire : l’élevage valorise des coproduits comme les effluents servant d’engrais naturel, participe à la rotation des cultures et limite le gaspillage alimentaire.
  • Pourvoyeur d’emplois stables : ce secteur représente un demi-million d’emplois directs et indirects, porteurs de savoir-faire, de services et de richesses pour les territoires.
  • Infuence sur le climat : des pratiques améliorées permettent de compenser une partie des émissions de gaz à effet de serre par la gestion raisonnée des surfaces herbagères, la valorisation du carbone organique et les innovations environnementales.
  • Valorisation et partage d’informations : guides, fiches techniques, réseaux de formation et de transfert d’innovation dynamisent la filière et nourrissent la transmission des bonnes pratiques.

Prévention et confiance : le duo gagnant pour la filière et les consommateurs

Préserver la santé des troupeaux, c’est garantir à la fois la qualité des produits et la fiabilité de l’offre alimentaire. Cette prévention profite à tous :

  • Sécurité sanitaire : le consommateur profite de produits issus d’animaux sains, tracés, contrôlés du champ à l’assiette.
  • Stabilité de la production : moins de pertes, meilleure gestion des ressources, stabilité des prix et de l’emploi.
  • Crédibilité de la filière : la gestion collective des risques et la transparence créent un climat de confiance qui profite à l’économie locale et à l’image de l’agriculture française.
  • Résilience face aux crises : des élevages bien préparés font face plus sereinement aux imprévus sanitaires, climatiques ou économiques.

Un engagement quotidien aux retombées multiples

En fin de compte, le soin constant apporté à la santé animale a un impact concret sur l’équilibre entre la santé humaine, animale et environnementale. Prévention, anticipation, partage d’expérience, innovation et solidarité : ces valeurs guident la filière des ruminants, qui s’engage chaque jour pour un avenir plus serein, en explorant par exemple des Alternatives à l’abattage massif.

À propos de l'auteur :

Raoul